Marseille quatre mois après

Les calanques blanches de Marseille annoncent la fin du chemin. C’est ici, au pied de la bonne mère que je boucle la boucle au terme de 62 704 km de navigation et 19 pays visités.

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Certains auront raison de dire que voir la partie australe de monde en 114 jours, est complètement superficiel. Je ne prétends pas connaître chaque pays en profondeur (d’ailleurs qui le peut ?) quand je les ai effleurés que quelques poignées de jours. Mais de cette contrainte naissait tout l’intérêt de ce voyage. En mouvant dans l’espace et le temps avec une telle rapidité, j’ai pu saisir les principales dynamiques humaines, géographiques et géologiques de notre planète.

En allant d’Est en Ouest, j’ai constamment remonté le temps (-1h à chaque fuseau) jusqu’à la limite ultime (île Tonga) ou je suis passé de – 11h par rapport à la France à + 11h. En passant cette ligne, nous avons dû passer directement du mercredi  4 mars au vendredi 6 mars. Il existe donc ce jour du jeudi 5 mars 2015 que je n’ai jamais vécu.

Le déplacement Nord/Sud propose des horaires différents pour admirer le coucher du soleil…17h30 autour de l’équateur et 22 ou 23 h pour les régions proches des pôles. Les températures et le climat suivent  la même évolution. Du nord au sud, le climat se réchauffe et devient moite et humide jusqu’à l’équateur en passant par les régions tropicales.

En ce qui concerne les dynamiques humaines, j’ai pu prendre conscience que les échanges et les cultures sont complètement liés aux mers et aux océans. La culture Atlantique est différente de la culture de l’océan Pacifique, qui est elle aussi différente de la culture de l’océan indien.

En suivant le chemin de Magellan, mais aussi le parcours des esclaves puis la route des Indes, j’ai remarqué que le monde est un village où nous dépendons tous les uns des autres. Le sucre que je mets dans mon yaourt provient des champs de canne à sucre de l’île Maurice. La fabrication du pull que je porte implique le monde entier. Toute l’économie, les produits alimentaires ou notre culture, tous les aspects de notre vie dépendent des autres. L’autre est indispensable. Nos échanges et nos différences fondent la base de nos richesses.

Voyager avec une telle rapidité permet aussi d’être disponible au moment présent. Il fallait en très peu de temps capter l’esprit d’une culture, d’une façon de vivre ou l’originalité d’un paysage. Il fallait laisser la lumière imprégner  notre rétine. Je me souviens des couleurs des maisons de Salvador de Baia, la lumière de Tahiti, l’horizontalité des océans, la verticalité de la city à Sydney, la couleur indéfinissable des falaises de Cap Town,  le noir intense de Lanzarote….Il fallait mettre en route tous mes capteurs sensoriels pour ouvrir les yeux sur les merveilles du monde et utiliser l’écriture pour sublimer l’expérience vécue.

Je ne vous ai fait vivre bien évidemment qu’une partie de mon aventure. Je ne vous ai pas parlé de toutes ces rencontres que j’ai pu faire et qui me renforce sur l’idée que la nature profonde de l’être humain est bonne. Partout où je suis allé, j’ai pu trouver des gens remplis de chaleur humaine, de bonté et de compassion.  Il y a des gens bien partout. En dehors de la beauté de notre planète, le voyage permet la rencontre…le voyage permet de saisir l’essentiel de la vie ; et quand j’élimine le superflu ; quand j’essaye de chercher pourquoi je fais  les choses ; l’idée qu’il me reste à la fin, c’est que le lieu importe peu ; l’essentiel, c’est les autres…tous les autres ! Ce sont eux qui fondent la trame de nos vies et forment la matière de nos existences.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi et qui ont participé à ce blog. Et je vous incite à partir à la rencontre des gens ; à commencer par votre quartier, votre région, votre famille, votre lieu de vie, et bien évidemment du monde entier. Au contact des paysages et des gens que vous découvrirez, de la pauvreté, et de la richesse, vous vous  révèlerez pleins de curiosité, bienveillants et intelligents. Vous reviendrez grandis, changés, enrichis !

Traduction :

J’aperçois des arbres verts
Des roses rouges également
Je les vois s’épanouir
Pour toi et moi
Et je pense en moi-même
« Quel monde merveilleux »

Je vois des ciels bleus
Et de blancs nuages
L’éclatant jour béni
La sombre nuit sacrée
Et je pense en moi-même
« Quel monde merveilleux »

Les couleurs de l’arc-en-ciel
Si jolies dans le ciel
Sont aussi sur les visages
Des passants
Je vois des amis se serrer la main
Se dire « comment vas-tu »
En réalité ils se disent « je t’aime »

J’entends des bébés pleurer
Je les vois grandir
Ils apprendront bien plus
Que je n’en saurai jamais
Et je pense en moi-même
Quel monde merveilleux
Et je pense en moi-même
« Quel monde merveilleux »

 
Commentaires

Beau retour … bel article … à très vite !

T’es déjà nostalgique de tes 4 mois de vacances ?

IEM du Bord de Lys

Bonjour Stéphane,
Nous avons regardé des photos de ton voyage dans beaucoup de pays sur ton blog: en Afrique, en Amérique, en Océanie, en Europe.
On a voyagé avec toi en regardant tes photos. Elles étaient très belles! On a appris des choses.
Merci Stéphane!
Les enfants de l’IEM du Bord de Lys (Houplines)

Merci ! Bonne continuation à vous tous 🙂

classe Gaston Phoebus

Merci Stéphane on a adoré voyager avec toi! à demain pour de nouvelles aventures et écritures …

J’ai entendu parler de ton blog par le biais d’une collègue qui comptait évoquer ton tour du monde avec ses CM.
Les photos et les textes sont superbes! Je suppose que toutes ces rencontres remettent en question pas mal de choses au quotidien.
Peut-être à bientôt sur un remplacement dans la circo 😉